Les beaux jours reviennent. Mes dernières semaines nancéennes. Je ne suis pas sûre de la réaction que je dois adopter. Celle de rire ou de pleurer. De crier de joie ou de me morfondre. Une opportunité qui ne se refuse pas, la promesse d'un avenir ailleurs. Et je le voulais plus que tout. Partir, m'éloigner de tout ces piaillements incessants, de ces ricanements qui me dérangent tant. Cette vie que je ne voulais pour rien au monde, je m'y suis finalement habituée, et je crois que j'ai bien fini par l'apprécier. Pourquoi a-t-il fallu que cette année, cette dernière année, soit des plus enrichissantes ? Une des plus tristes, aussi, mais surtout la plus remplie. Mon quotidien qui me dégoûtait finira-t-il par me manquer ? J'en ai franchement peur. J'ai peur de m'éloigner, mais aussi de rester. Je n' imagine pas ma vie sans mes petits bonheurs qui me réconfortaient, sans toutes ces attentions qui ont comblé mes jours sans force. Il me semble que j'ai tellement haï, que j'ai terminé en détestant par principe. J'ai trop souvent souffert pour aimer, mais trop souvent aimé pour tout quitter. Ne plus jamais revenir n'est pas fait pour moi. On croit avoir tout découvert, mais on m'a beaucoup surprise ces temps-ci. Ce que je redoutais, c'était que ma vie me suive jusque là-bas. Je pensais que ce départ se ferait sans pincement au c½ur, sans larmes, sans rien. Je croyais ne rien ressentir. Ce ne sera pas aussi simple. Vous m'avez trop touchée pour que tout soit oublié. Vous allez vraiment me manquer. Durs seront les temps sans vos rires, sans le café du samedi matin, celui du mercredi soir. Sans les déjeuners prévus une demi heure à l'avance, ni les soirées improvisées. Les weekends ne suffiront jamais, mais je refuse catégoriquement d'en manquer que ce soit une miette.